
Scène de fontaine dans un parc, la nuit
signé en bas à gauche : Gaston La Touche. Dimensions de l’image : 76 cm x 53 cm. Dimensions totales encadrées sous verre : 94 cm x 71 cm.
L’œuvre se distingue par sa palette dominée par les tons froids et les nuances de mauve et de bleu profond, conférant à la scène une qualité nocturne ou crépusculaire, rehaussée par la technique du pastel.
- Le Ciel/Arrière-plan : Un traitement aérien et diffus du ciel et de la végétation (peut-être des arbres d’automne) se mêle dans un mariage de violet, de rose pâle et de bleu brumeux. Une tache lumineuse, éclatante mais douce, au centre gauche, évoque la lueur de la lune ou d’un puissant feu d’artifice, se reflétant dans le bassin.
- Les Furies Aquatiques : La sculpture de la fontaine, probablement un groupe de divinités marines ou de tritons (comme on en trouve dans les bassins de Versailles), est plongée dans un bleu sombre et profond. Les formes des figures sont suggérées avec un flou artistique, les faisant émerger de l’eau plus comme des apparitions fantomatiques que des statues de pierre rigides.
- L’Eau et la Réflexion : La surface de l’eau, rendue avec quelques touches horizontales de blanc et de jaune clair, capte la lumière diffuse et en renvoie l’éclat, contrastant avec l’obscurité générale et animant la composition.
La Touche, pastelliste et coloriste de talent, ne se contente pas de documenter le site de Versailles ; il le réinvente. Il capture la poésie et le charme suranné des lieux, évoquant un sentiment de solitude romantique loin de la foule. Les éléments architecturaux classiques, tels que la vasque ou les balustrades surmontées d’un vase d’ornement, ancrent la scène dans le cadre historique de Versailles, tandis que l’exécution en pastel introduit une sensibilité moderne et une intimité presque lyrique.
Ce tableau est une belle illustration de la manière dont Gaston La Touche a su infuser l’héritage classique français d’une atmosphère symboliste et d’une esthétique typique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.


