
Scène galante, dite “Pierrot et les promeneurs”
Huile sur toile, vers 1900–1910 Signé en bas à gauche. Technique mixte, 62 x 50 cm.
Cadre en bois.
Dans cette composition lumineuse et vaporeuse, Gaston La Touche déploie tout l’art raffiné qui caractérise la dernière phase de son œuvre : une peinture du rêve, du plaisir et de la lumière.
Sous une frondaison épaisse et dorée par le soleil, un groupe de personnages en costumes du XVIIIᵉ siècle s’est réuni sur une pelouse en pente douce. Les figures féminines, vêtues de robes chatoyantes aux tonalités roses, lilas et ivoire, conversent ou se laissent aller à la rêverie. À l’arrière-plan, se distingue la silhouette d’un Pierrot blanc, figure emblématique du théâtre et de la mélancolie, s’avançant dans une zone bleutée, presque irréelle.
Le traitement pictural, fait de touches légères et fusionnées, dissout les formes dans une atmosphère de lumière diffuse. La Touche, héritier de l’impressionnisme mais sensible à la tradition des fêtes galantes de Watteau et Fragonard, propose ici une vision idéalisée du passé — un monde d’élégance et d’insouciance, transfiguré par la poésie du souvenir.
La palette, dominée par des verts tendres, des jaunes lumineux et des bleus vaporeux, confère à l’ensemble une harmonie délicate. L’artiste y parvient à un équilibre subtil entre réalisme décoratif et rêverie symboliste, rappelant par certains aspects les décors de la Villa Arnaga, demeure d’Edmond Rostand, où la nature, l’art et le théâtre s’entrelacent dans un même élan de beauté.